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CBG et perte de poids : une nouvelle étude qui pourrait tout changer…était une solution pour perdre du poids ?
Dans l’univers des cannabinoïdes, certains noms reviennent souvent chez Kilogrammes, comme ailleurs. Le CBD domine largement les discussions, le THC attire l’attention médiatique, tandis que des composés comme le CBN ou le CBC gagnent progressivement en visibilité. Mais il existe un cannabinoïde encore discret : le cannabigérol, plus connu sous le nom de CBG.
Une étude publiée en février 2026 dans l’International Journal of Molecular Sciences s’est penchée sur ce composé particulier du Cannabis sativa. Les chercheurs ont voulu savoir si des extraits riches en CBG pouvaient influencer les mécanismes biologiques impliqués dans la formation et le stockage des graisses. Les résultats, obtenus en laboratoire, montrent des effets intéressants sur plusieurs processus liés au métabolisme lipidique.
Ces travaux relancent l’intérêt scientifique pour ce cannabinoïde considéré comme la “molécule mère” du cannabis, car il sert de précurseur chimique à de nombreux autres composés de la plante.
Pourquoi la recherche s’intéresse au chanvre dans l’étude de l’obésité ?
Malheureusement, l’obésité est aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique qu’on ne connait que trop bien chez Kilogrammes. Les régimes ou les traitements existants sont parfois efficaces, mais ils s’accompagnent parfois d’effets indésirables… quand ils ne sont pas voués à l’échec.
Ainsi, les chercheurs s’intéressent de plus en plus aux composés naturels capables d’agir sur différentes voies biologiques à la fois. Le chanvre légal contient une grande diversité de molécules bioactives, dont les cannabinoïdes.
Le CBD a déjà fait l’objet de travaux scientifiques sur son interaction avec certains processus métaboliques. Mais le CBG, lui, reste encore peu étudié. Cette recherche vise justement à combler ce manque en examinant comment des extraits riches en CBG pourraient interagir avec les cellules responsables du stockage des graisses.
Comment l’étude a été menée ?
Les scientifiques ont préparé quatre extraits à partir d’inflorescences de Cannabis sativa riches en CBG. Chaque extrait a été obtenu avec une concentration différente d’éthanol : 30%, 50%, 70% et 99,5%.
L’analyse chimique a révélé la présence de sept cannabinoïdes. Le CBG et son précurseur CBGA étaient majoritaires, tandis que du CBC a également été identifié. L’extrait obtenu avec 99,5% d’éthanol, nommé CE99,5, s’est avéré le plus concentré en cannabinoïdes.
Pour observer les effets de ces extraits, les chercheurs ont utilisé des cellules 3T3-L1. Il s’agit de préadipocytes de souris capables de se transformer en cellules graisseuses matures. Ce modèle est fréquemment utilisé pour étudier l’adipogenèse, c’est-à-dire le processus de formation des cellules stockant les graisses.
Les résultats ont montré que les extraits testés inhibaient la différenciation de ces cellules de manière dose-dépendante. L’extrait CE99,5 a présenté l’effet le plus marqué, avec une réduction de la formation des cellules adipeuses pouvant atteindre 62% dans les conditions expérimentales, sans toxicité cellulaire notable aux doses modérées. Pas mal, non ?
Trois effets observés sur le métabolisme lipidique
Les analyses moléculaires menées par l’équipe de recherche suggèrent plusieurs mécanismes d’action :
- Une réduction de l’expression de gènes clés impliqués dans la formation des cellules graisseuses, notamment PPARγ et C/EBPα
- Une diminution de certains facteurs liés à la synthèse des lipides, comme SREBP-1c et FAS
- Une stimulation d’enzymes impliquées dans la dégradation des graisses, notamment HSL et ATGL
Les chercheurs ont également observé une augmentation de marqueurs associés au brunissement du tissu adipeux blanc. Ce phénomène correspond à une transformation partielle des cellules graisseuses en cellules plus actives sur le plan énergétique, capables de brûler davantage d’énergie.
L’effet d’entourage évoqué par les chercheurs
Les auteurs de l’étude soulignent un point : les extraits utilisés ne contenaient pas uniquement du CBG. Plusieurs cannabinoïdes étaient présents dans les préparations testées.
Ils évoquent ainsi le concept d’effet d’entourage, selon lequel les composés du Cannabis sativa peuvent agir de manière synergique. Les interactions entre cannabinoïdes pourraient produire des effets plus larges que ceux observés avec une molécule isolée.
Cette idée est déjà bien connue dans l’univers des produits à base de chanvre, notamment lorsqu’il s’agit d’extraits complets utilisés dans certaines huiles de CBD.
Des résultats encourageants, mais uniquement en laboratoire
Les chercheurs insistent sur une limite qui nous semble indispensable à vous communiquer : l’ensemble des résultats a été obtenu sur des cultures cellulaires. Ce type de modèle est utile pour comprendre des mécanismes biologiques, mais il ne reproduit pas la complexité d’un organisme vivant.
En gros, cela veut dire que des études chez l’animal et chez l’humain seront nécessaires pour déterminer si ces effets peuvent réellement se produire dans des conditions réelles. Les questions de dosage, de biodisponibilité et de sécurité doivent encore être étudiées.
Ces travaux montrent toutefois que les extraits de cannabis riches en CBG pourraient agir sur plusieurs mécanismes liés au métabolisme des graisses. Pour la recherche scientifique, cela confirme que les cannabinoïdes mineurs méritent davantage d’attention, au même titre que le CBD et les autres composés du chanvre…