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Et si le cannabis aidait à protéger les abeilles face à une infection fongique dévastatrice ?
Les abeilles traversent une crise silencieuse. Partout dans le monde, les colonies déclinent sous l’effet combiné des pesticides, du changement climatique et de pathogènes émergents.
Parmi eux, un ennemi microscopique inquiète particulièrement les chercheurs : Nosema ceranae. Face à cette menace, une étude italienne récente explore une piste inattendue mais documentée : l’utilisation des fleurs de Cannabis sativa, qu’on connaît bien évidemment chez Kilogrammes, comme soutien naturel contre cette infection.
Une infection fongique au coeur de l’effondrement des colonies
Nosema ceranae est un “microsporidium“, qui est en gros un champignon parasite qui s’attaque au système digestif des abeilles. Et ça n’a rien de marrant, car il affaiblit leur métabolisme, perturbe leur comportement et augmente la mortalité au sein des ruches, jusqu’à provoquer l’effondrement complet des colonies. Aujourd’hui, cette infection est même considérée comme l’un des facteurs majeurs du déclin des abeilles domestiques.
Du côté des traitements chimiques, ils existent bien, comme la fumagilline, on voit qu’ils montrent une certaine efficacité… mais on constate aussi qu’ils soulèvent des questions liées aux résidus dans le miel et aux effets à long terme sur la santé des colonies. D’où l’intérêt croissant pour des solutions d’origine végétale.
Le cannabis comme piste scientifique sérieuse
Une équipe de chercheurs italiens, dont des scientifiques de l’Université de Pise, a publié dans la revue Apidologie une étude qui porte sur l’impact des inflorescences de Cannabis sativa sur des abeilles infectées artificiellement par Nosema ceranae. Alors forcément, ça nous a beaucoup intéressés !
Pour rentrer dans du concret, on a vu que les tests ont été menés sur deux génotypes distincts de cannabis, incorporés à l’alimentation des abeilles, bref, ça parait presque fou comme ça.
Les résultats montrent une réduction nette de la charge parasitaire dans tous les groupes ayant reçu du cannabis, quel que soit le génotype ou la concentration utilisée. Autrement dit, le nombre de spores du champignon diminue chez les abeilles traitées avec des inflorescences de cannabis.
Cannabinoïdes, terpènes et stress oxydatif
Les chercheurs se sont concentrés sur les fleurs de la plante, naturellement riches en cannabinoïdes comme le CBD, ainsi qu’en terpènes et autres composés bioactifs. Cela n’a rien d’étonnant quand on s’y connaît un peu, car ces substances sont reconnues pour leurs propriétés antifongiques et antioxydantes.
Chez les abeilles infectées, le parasite génère un stress oxydatif élevé. Les composés présents dans le cannabis semblent contribuer à limiter ce stress, soutenant ainsi les défenses naturelles de l’insecte. Cette approche se distingue des traitements de synthèse par son origine végétale et son potentiel en apiculture durable.
Des résultats à interpréter avec prudence
On ne va pas s’enflammer tout de suite et faire fumer de la weed à toutes les abeilles, ou de la résine de CBD, car l’étude souligne des effets contrastés, et si la charge parasitaire diminue, la longévité des abeilles traitées au cannabis reste inférieure à celle du groupe témoin non traité.
Certaines formulations, notamment à base de génotypes riches en acide cannabidiolique (CBDA), affichent néanmoins une survie supérieure à celle observée avec la fumagilline.
Ces données restent encore préliminaires et appellent à des recherches complémentaires pour ajuster les dosages, les formes d’administration et mieux comprendre les mécanismes impliqués. Donc, la suite au prochain épisode !
Pourquoi cette découverte attire l’attention ?
On a trouvé que cette étude était hyper intéressante car elle ouvre plusieurs perspectives très concrètes comme la préservation de la biodiversité avec une meilleure protection des pollinisateurs, et la baisse de l’usage de traitements chimiques en apiculture.
En plus de cela, la valorisation agricole des cultures de chanvre et de cannabis nous tient à coeur, tout comme l’approfondissement du rôle des fleurs de CBD et des cannabinoïdes dans la santé environnementale où il y a encore tout un boulevard
Dans cette étude, le cannabis apparaît comme une plante aux applications écologiques potentielles, et pas comme juste un moyen de se foutre en l’air. A terme, ces travaux devraient renforcer l’intérêt scientifique autour des cannabinoïdes, y compris le CBD, dans des domaines qui dépassent très largement la consommation humaine.
Chez Kilogrammes, on reste tous persuadés que la recherche ne fait que commencer, mais elle pose une base solide pour envisager des solutions naturelles face à l’un des défis majeurs de l’apiculture moderne…