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Et si le CBD était une solution contre l’alcoolisation foetale ?
Le cannabidiol continue de susciter l’intérêt de la recherche médicale, ce qu’on voit d’un bon oeil chez Kilogrammes ! En effet, une nouvelle étude préclinique menée par l’Université Miguel Hernández d’Elche, en collaboration avec plusieurs instituts européens, ouvre une piste sérieuse.
Concrètement, les fleurs de CBD ou les huiles de CBD pourraient devenir un outil thérapeutique pour atténuer certaines conséquences du syndrome d’alcoolisation foetale, ou FASD. Publiés ces derniers jours dans la revue Biomedicine & Pharmacotherapy, ces travaux se concentrent sur les mécanismes biologiques profonds du trouble, en particulier le système endocannabinoïde et le microbiote intestinal.
Le syndrome d’alcoolisation foetale, un enjeu de santé publique majeur…
Le FASD est aujourd’hui la première cause évitable de déficience intellectuelle dans le monde, rien que ça !
Il résulte d’une exposition du cerveau en développement à l’alcool, à n’importe quel stade de la grossesse. Les personnes concernées présentent fréquemment des troubles de l’apprentissage, des difficultés émotionnelles, une régulation comportementale altérée et un risque accru d’anxiété, de dépression et, à l’âge adulte, de conduites addictives. Bref, si on en entend peut parler dans la communauté, c’est un vrai sujet qu’on connait chez Kilogrammes.
Et malheureusement, malgré son impact sanitaire et social considérable, il n’existe actuellement aucun traitement pharmacologique capable d’agir sur les causes biologiques du FASD. Les prises en charge se limitent à des approches symptomatiques, sans correction des altérations neurodéveloppementales sous-jacentes.
Le système endocannabinoïde au coeur des recherches
Les chercheurs se sont intéressés de très près au système endocannabinoïde, un réseau complexe impliqué dans la régulation des émotions, de la motivation, de l’apprentissage et de la réponse au stress. Des travaux antérieurs que l’on avait pu suivre ont d’ailleurs montré que l’exposition prénatale à l’alcool perturbe durablement ce système, ce qui contribue aux troubles émotionnels et à la vulnérabilité addictive observés chez les individus atteints de FASD.
Le cannabidiol, composé non-addictif issu du cannabis, est connu pour moduler ce système et pour ses propriétés neuroprotectrices, anti-inflammatoires et anxiolytiques. Dans cette étude, les chercheurs ont administré du CBD de manière chronique à des souris exposées à l’alcool durant la période périnatale, à partir du sevrage.
Des effets comportementaux et neurobiologiques mesurables
Les résultats de cette étude montrent que l’exposition à l’alcool entraîne chez les souris, mâles et femelles, des comportements anxieux et dépressifs. Les femelles présentent en plus une motivation accrue pour la consommation d’alcool.
Le traitement au CBD a permis de normaliser les altérations émotionnelles chez les deux sexes. Chez les femelles, il a également supprimé la vulnérabilité à l’addiction, ramenant leur consommation d’alcool à des niveaux comparables à ceux des animaux témoins.
Sur le plan biologique, le CBD a modulé plusieurs marqueurs cérébraux clés, notamment les récepteurs dopaminergiques D2/D3 et des composants du système endocannabinoïde, tous impliqués dans les troubles émotionnels et addictifs.
L’axe intestin-cerveau, un levier inattendu
Un autre apport majeur de l’étude concerne le rôle du microbiote intestinal. Les chercheurs ont mis en évidence une dysbiose induite par l’exposition précoce à l’alcool, affectant la communication entre l’intestin et le cerveau. Le CBD a permis de restaurer la diversité microbienne et d’augmenter certaines bactéries associées à une meilleure régulation de l’axe intestin-cerveau.
Dans l’étude, on voit que ces effets varient selon le sexe, ce qui pourrait expliquer en partie les différences de vulnérabilité observées dans le FASD. Les données suggèrent que certaines altérations pourraient prendre racine dans l’intestin, et pas uniquement dans le cerveau.
Ce que ces résultats impliquent pour le CBD
Bon, parlons peu, parlons bien. Comme les auteurs le rappellent, ces travaux restent précliniques et qu’ils ne constituent en aucun cas une recommandation d’usage chez l’humain. Le CBD ne peut ni prévenir ni compenser les effets de l’alcool pendant la grossesse, dont l’abstinence totale reste la seule prévention possible.
Néanmoins, cette étude renforce l’intérêt du CBD comme alternative au THC dans des stratégies thérapeutiques futures, en particulier pour des troubles neurodéveloppementaux complexes.
Elle s’inscrit dans une longue tradition de recherche sur le système endocannabinoïde et ouvre la voie à de futurs essais cliniques, indispensables avant toute application médicale…