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Le CBD au coeur d’une nouvelle étude historique contre le cancer
Publié récemment dans la revue Phytomedicine, un nouvel article scientifique relance l’intérêt pour le CBD dans le champ de l’oncologie. Financé par le Fonds national des sciences naturelles de Chine, ce travail de synthèse analyse de nombreuses études précliniques et suggère que le CBD pourrait, à terme, jouer un rôle dans les stratégies de traitement du cancer.
Sans effet psychotrope, déjà connu pour son profil de tolérance favorable, le CBD est ici étudié non plus seulement comme soutien symptomatique, mais comme composé capable d’interagir directement avec les mécanismes du cancer. Chez Kilogrammes, on milite pour que notre CBD soit remboursé par l’administration, mais pas sûr que ça passe encore !
Un cannabinoïde aux actions biologiques multiples
Dans cette étude, les auteurs décrivent le CBD comme un agent “multi-cibles”. Contrairement à certaines molécules qui n’agissent que sur une seule voie biologique, le cannabidiol semble perturber simultanément plusieurs processus clés utilisés par les cellules cancéreuses pour survivre et proliférer.
Ces cellules détournent normalement les signaux liés à la croissance, au stress oxydatif et à l’immunité afin d’échapper aux traitements. Le CBD exercerait une pression sur l’ensemble de ces systèmes, ce qui rendrait l’adaptation tumorale plus difficile.
Les données examinées couvrent un large spectre de cancers, allant de formes très agressives comme le glioblastome à des cancers plus fréquents tels que les cancers du sein, du poumon, colorectal, de l’ovaire ou de la prostate.
Dans ces différents modèles précliniques, le CBD aurait montré une capacité répétée à ralentir la croissance tumorale et à limiter les métastases.
Des mécanismes mieux identifiés selon les types de cancers
Dans le cancer colorectal, les chercheurs ont observé que le CBD interfère avec le récepteur GPR55, impliqué dans la croissance tumorale et la migration des cellules cancéreuses. En bloquant ce récepteur, le cannabidiol affaiblit certaines voies associées à la division cellulaire rapide et peut, dans certains cas, augmenter la sensibilité des tumeurs à la chimiothérapie. D’autres expériences montrent une diminution de l’expression de gènes liés à l’agressivité tumorale, combinée à l’activation de voies de stress cellulaire freinant la prolifération.
Dans les modèles de cancer du poumon non à petites cellules, l’association CBD et THC a permis de réduire la croissance tumorale en perturbant la transition épithélio-mésenchymateuse, un processus clé de la dissémination des cellules cancéreuses.
Et pour le cancer du sein, le CBD agit à plusieurs niveaux, notamment sur l’arrêt du cycle cellulaire, le déclenchement de la mort cellulaire programmée et l’activation de l’autophagie, un mécanisme d’autodigestion qui devient délétère lorsqu’il est excessivement stimulé.
Des limites actuelles à prendre en compte
Si on peut vite s’enflammer en lisant cette nouvelle qui pourrait être un vrai bon en avant, l’étude rappelle que le CBD est déjà un composé bien toléré, et déjà approuvé par la FDA pour certains usages.
Les auteurs soulignent aussi que le CBD présente des effets antitumoraux prometteurs, tout en contribuant à soulager des symptômes associés au cancer, comme la douleur ou les nausées, souvent pris en charge aujourd’hui via des huiles de CBD dans un cadre non curatif.
On ne va pas se mentir, même si c’est une bonne nouvelle, il y a tout de même des limites à ne pas laisser de côté. L’une d’entre elles reste sa faible biodisponibilité orale : une grande partie du CBD est métabolisée avant d’atteindre les tissus tumoraux. Pour y répondre, plusieurs pistes sont explorées, notamment des systèmes d’administration à base de nanoparticules visant à améliorer l’absorption et le ciblage tumoral.
Enfin, les chercheurs insistent sur la nécessité d’essais cliniques rigoureux. Les futures études devront stratifier les patients selon le type de tumeur et les marqueurs moléculaires, afin de mieux comprendre les liens entre le dosage, le timing d’administration et l’efficacité.
Bref, cette publication s’inscrit dans une dynamique qui est beaucoup large, confirmée par d’autres travaux récents qui suggèrent clairement que les cannabinoïdes pourraient, à terme, renforcer certaines thérapies anticancéreuses existantes…