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L’Espagne autorise le cannabis médical pour quatre indications
L’Espagne confirme sa loooongue avance sur la France en matière de cannabis médical. Et oui, après l’adoption du décret royal à l’automne dernier, l’AEMPS (Agence espagnole des médicaments et des produits de santé) a publié une monographie détaillant les conditions strictes d’accès, de prescription et de suivi.
En gros, le texte pose les bases d’un modèle médical prudent, très réglementé, et volontairement limité dans sa portée initiale. Bref, on a choisi de s’y intéresser chez Kilogrammes.
Un cadre médical clair mais restrictif
Le dispositif espagnol repose sur une approche progressive, centrée sur des données cliniques encore jugées incomplètes par les autorités. L’objectif est de permettre l’accès au cannabis médical uniquement dans des situations où les traitements conventionnels ont échoué, tout en minimisant les risques liés à son usage.
L’AEMPS a ainsi défini un périmètre précis, tant sur les indications thérapeutiques que sur les formes d’administration autorisées.
Quatre pathologies reconnues
Nous sommes allés voir minutieusement ce que propose l’Espagne, et on voit que le cannabis médical pourra être prescrit uniquement pour les indications suivantes :
- Douleurs chroniques résistantes aux traitements habituels
- Spasticité associée à la sclérose en plaques
- Formes sévères d’épilepsie
- Nausées et vomissements induits par la chimiothérapie
On va pas se mentir, ce choix est volontairement restreint mais il traduit la volonté des autorités sanitaires de limiter l’usage à des situations cliniques bien identifiées et documentées.
Une administration orale obligatoire
Le cadre espagnol exclut toute forme inhalée, et les fleurs et les produits à vaporiser ne sont pas autorisés, donc seules des solutions administrées par voie orale pourront être prescrites, avec des doses personnalisées par le médecin. Cette orientation vise à standardiser les traitements, réduire les variations d’absorption et mieux contrôler les effets.
Enfin, les prescriptions sont réservées aux médecins spécialistes, et la dispensation se fait dans un circuit hospitalier, ce qui renforce un parcours médical vraiment bien surveillé.
Un dosage individualisé et des plafonds stricts
Faute de consensus scientifique robuste, l’AEMPS privilégie une stratégie de titration progressive. Les praticiens doivent débuter avec la dose la plus faible possible, puis l’augmenter jusqu’à obtention d’un bénéfice clinique mesurable.
Il faut aussi qu’on parle des seuils quotidiens établis : le traitement ne peut dépasser 32,4 mg de THC ou 25 mg de CBD par jour. Chez les enfants, les limites sont encore plus basses, avec un maximum de 10 mg de THC pour les nausées liées à la chimiothérapie et seulement 0,6 mg pour les autres indications
Les autorités recommandent par ailleurs des formulations à dominante CBD lorsque cela est possible, afin de limiter l’exposition au THC. Cette approche positionne vraiment le cannabis médical comme une alternative au THC récréatif, strictement encadrée et médicalisée.
Sécurité, contre-indications et suivi renforcé
La monographie consacre une large place aux précautions d’emploi. Les patients sont avertis des risques de somnolence, de vertiges et des effets sur la coordination. D’ailleurs, la conduite et l’utilisation de “machines” sont déconseillées tant que les effets du traitement ne sont pas parfaitement maîtrisés.
Bien évidemment, certaines situations excluent totalement l’accès au cannabis médical, et c’est bien normal : grossesse, allaitement, hypersensibilité aux composants, ou antécédents personnels ou familiaux de troubles psychotiques, rien de révolutionnaire ou de fou.
Le suivi thérapeutique repose sur une collaboration entre médecins prescripteurs et pharmacies hospitalières, chargées d’évaluer régulièrement l’efficacité et les effets indésirables.
Une avancée mesurée pour un grand producteur européen
Malgré cette ouverture qui reste une nouvelle qu’on a bien accueillie chez Kilogrammes, l’Espagne reste avant tout un acteur tourné vers l’exportation. Le pays compte environ 70 entreprises spécialisées dans le cannabis médical, avec une production majoritairement destinée à l’Allemagne et au Royaume-Uni. Si cela vous paraît anodin, en réalité, les restrictions sur les formats, les prescriptions et la distribution limitent fortement l’accès au marché national.
Par contre, pour les autorités sanitaires, ce cadre est appelé à évoluer, et on va surveiller ça de très près. Pour les patients, cela marque une avancée prudente mais concrète. Pour l’écosystème du cannabis en Espagne, il s’agit d’un premier pas contrôlé vers un marché médical longtemps attendu, mais encore largement sous conditions.