amérique du sud

Le cannabis et sa légalisation – Amérique du Sud

On se retrouve aujourd’hui pour continuer notre tour du monde, et surtout pour terminer notre voyage en Amérique. Il ne nous restait plus qu’à aborder l’Amérique du Sud pour terminer ce beau continent. Que nous réservent ces pays d’Amérique Latine ?

Des pays au climat idéal

Avant de parler de légalisation, faisons un petit tour d’horizon. L’Amérique du Sud est très convoitée par les multinationales gérantes du cannabis. En effet, avec son climat tropical, et sa diversité environnementale (vallées, montagnes, hauts plateaux, etc.) c’est l’endroit idéal pour faire pousser de la marijuana dans des conditions optimales. En plus de son climat, l’Amérique du Sud profite d’une légalisation de plus en plus favorable.

Traversée par l’équateur, l’Amérique du Sud partage deux hémisphères de culture et est bordée par les tropiques. Ainsi, ses terres possèdent tous les types de climats disponibles pour cultiver une grande variété de cannabis.

Concernant la légalisation du cannabis, que ce soit sa culture ou sa consommation, les lois peuvent varier d’un pays à l’autre, mais sont en général assez permissives.

La Colombie et le cannabis

La légalisation du cannabis n’a pas été simple en Colombie. Déjà, dans les années 1920, une amende était donnée à quiconque possédait et/ou consommait de la drogue. Cependant, un marché de trafic de drogue s’étendant dans le monde entier, obligeant le gouvernement colombien à agir. Il décide donc de renforcer et durcir les lois au fil des années.

Mais ils ont dû se rendre à l’évidence, le marché de la drogue, et ce, malgré les lois, continuait d’exister… et la Colombie commençait à souffrir d’une mauvaise réputation concernant le trafic illégal de drogue, créant au passage de fortes violences liées à la drogue. La Guerre contre les drogues en Colombie commence à être pensée différemment, et le pays cherche à reprendre le pouvoir des mains des cartels qui ont tourmenté pendant des années le continent.

Un parti politique, le parti libéral de Colombie, propose un projet de loi pour légaliser le cannabis médical. Le président de Colombie lui-même, Juan Manuel, a exprimé son soutien pour ce projet de loi. Il affirme même que ce type de projet serait une « réponse compatissante », et admet que ce serait un pas dans la bonne direction diminuer les trafics de drogue et donc les cartels qui les gèrent.

Ainsi, en 2015, le Congrès Colombien a voté en faveur du cannabis médical ! Une petite victoire pour certains, une grande pour d’autres, notamment les malades. En plus d’apporter un remède pour les patients, ce projet de loi permet de créer des emplois et des revenus fiscaux par la même occasion.

Malheureusement, le projet pour légaliser le cannabis à des fins récréatives n’a pas obtenu la faveur des Colombiens, qui ont voté en majorité contre la légalisation récréative de la marijuana.

L’Uruguay, le premier pays à légaliser le cannabis

Précurseur de la légalisation de cannabis, l’Uruguay est un exemple pour les autres pays d’Amérique du Sud, et même de tous les pays mondiaux.

En effet, c’est l’un des premiers pays au monde à avoir légalisé la consommation récréative de cannabis en 2013. Mais il n’y a pas que la consommation qui a été légalisée cette année-là, mais aussi la culture, qui ne doit pas dépasser 6 pieds par personne cependant.

Des “clubs” sont même autorisés à exister, avec l’autorisation de faire pousser jusqu’à 99 plants de cannabis. Ce qui est, vous en conviendrez, assez colossal. Les pharmacies peuvent également délivrer des têtes de cannabis, à hauteur de 40g/personne et par mois. Cependant, la promotion de ce type de produit n’est pas autorisée, tout comme la conduite sous cannabis est punie par la loi.

De plus, si vous comptez vous rendre en Uruguay pour profiter de la légalisation sur le cannabis de ce pays, vous vous trompez lourdement. Les étrangers ne sont pas autorisés à acheter du cannabis, et ce, même si la loi le permet. Cette consommation est réservée aux citoyens Uruguay. Et ce type de décision a été prise car le pays a été confronté au problème des drogues achetées légalement dans leur pays, mais revendues ailleurs, alimentant donc par la suite les trafics d’autres pays. C’est dans cet esprit que l’Uruguay décide de ne vendre son cannabis qu’au habitants d’Uruguay, afin d’éviter toutes fuite sur les marchés noirs de ses voisins, à savoir le Brésil et l’Argentine.

Le cannabis est illégal dans ces pays

Que ce soit au Venezuela, au Guyana, au Suriname, ou encore en Bolivie, le cannabis est totalement illégal, et durement puni. Cependant, parmi ces pays, certains vont dépénaliser une quantité donnée, et d’autres pas du tout.

Par exemple, au Venezuela, la détention de cannabis a été décriminalisée, à condition de ne pas posséder plus que 20 g sur soi.

En revanche, au Guyana, une possession de plus de 15 g de cannabis est considérée déjà comme du trafic de marijuana, et donc pénalisante.

Cette interdiction du cannabis peut paraître inutile, comme au Suriname par exemple, car malgré cette interdiction, il reste le point le plus important de transport de drogue en Europe…

Quant à la Bolivie, la consommation, la vente et la culture sont interdites, mais comme la majorité de la population bolivienne consomme du cannabis, les autorités ne punissent pas ou peu les consommateurs.

La dépénalisation du cannabis au Pérou

L’usage de cannabis à des fins médicales est légalisé au Pérou depuis 2015. En effet, le Congrès péruvien a voté massivement en faveur du projet de loi afin de légaliser l’usage médical du cannabis « pour le traitement des maladies sérieuses ou en phase terminale ».

Ce projet de loi a été proposé après l’incident qui a secoué la population péruvienne. En effet, une descente policière aurait arrêté des particuliers cultivant du cannabis sur un site de production de San Miguel. Ainsi, cinq kilos de cannabis et plusieurs outils pour la fabrication de l’huile de cannabis auraient été confisqués. Ce qui a secoué les foules, c’est que ces cannabiculteurs étaient essentiellement des parents, qui produisaient de l’huile de cannabis pour les traitements de leurs enfants.

C’est après cette arrestation que le Congrès a décidé d’ériger ce projet de loi. Ainsi, les patients enregistrés sur le registre National via le portail informatique DIGEMID pourront se faire prescrire une ordonnance stricte pour leur traitement. Ce type d’ordonnance est délivrée uniquement par des médecins-chirurgiens, qui estiment que la prise de cannabis aiderait à améliorer l’état du patient.

En revanche, le CBD est délivrable à l’aide d’une simple ordonnance, que n’importe quel médecin peut prescrire.

Un service communautaire comme sanction au Brésil

Le Brésil soit considéré comme le pays où il y a le plus gros taux de consommateurs de cannabis, et pourtant, l’usage, la vente, la possession et la production sont toujours considérées comme des délits.

Bien que du progrès fût fait en faveur de cette plante, puisque les autorités sanitaires du Brésil ont autorisé la fabrication en laboratoire et la vente en pharmacie de produit à base de cannabis à usage médical, bien entendu à délivrer sous ordonnance.

Une certaine tolérance est octroyée pour les simples consommateurs, mais néanmoins, les procédés légaux actuels ne permettant pas de différencier le trafiquant du consommateur, l’interprétation du degré d’infraction est alors laissée aux autorités de police. Ainsi, les condamnations peuvent être un simple avertissement, le suivi d’un programme de traitement éducatif, un service communautaire, etc.

Le cannabis en Argentine

Le cannabis à des fins médicinales est autorisé en Argentine. En effet, la loi adoptée en mars 2017 autorise l’usage médicinal des huiles de cannabis. Cependant, elle maintient l’interdiction d’auto-culture et de possession de graines sous forme individuelle ou collective. Ainsi, cette loi autorise la consommation de produits à base de cannabis pour certains patients, mais interdit en même temps à ces mêmes patients d’en produire eux-mêmes.

Et malgré le fait que l’usage récréatif soit très répandu en Argentine, la loi reste rude, car elle prévoit des peines de prison allant de 4 à 15 ans, que ce soit pour la culture, la possession et la vente à fin récréative.

Mais depuis le 11 novembre 2020, le gouvernement argentin a légalisé l’auto-culture de cannabis à usage thérapeutique ainsi que la vente d’huile et de crèmes médicinales en pharmacie. Comme quoi, la légalisation continue d’avancer en Argentine.

Le Chili et la légalisation du cannabis

Le Chili est l’un des plus gros consommateurs de cannabis au monde ! C’est pourquoi, après la “Guerre des Drogue” menée dans les pays d’Amérique du Sud et d’Amérique Centrale, un projet de loi pour la légalisation du cannabis est annoncé.

Ainsi, l’idée de base du projet de loi était de permettre l’auto-culture afin d’éviter aux consommateurs de se rendre sur le marché noir, faisant perdre de l’ampleur et du pouvoir aux narcotrafiquants.

Le projet avait d’autres ambitions, celles concernant les libertés individuelles, qui permettent à chacun de disposer comme bon lui semble de son corps tant qu’il ne porte pas atteinte à autrui.

Ainsi, le texte de loi autorise la possession de 10 grammes de cannabis, équivalant à une consommation personnelle, et la culture de 6 pieds dans un jardin Indoor ne dépassant pas les 1 m². La détention de 500 grammes de cannabis par domicile fait également partie de ce projet de loi.

La loi permet alors de posséder de petites quantités de drogues, à condition qu’il vous soit possible de justifier qu’elles soient prescrites dans le but d’un traitement médical.

Le Paraguay, le fournisseur principal d’Amérique du Sud

Ce pays est le plus grand producteur de cannabis d’Amérique du Sud et approvisionne ses voisins, c’est-à-dire le Brésil, l’Argentine, le Chili et l’Uruguay en cannabis.

Ainsi, en 2018, des mesures ont vraiment été prises par le président Horacio Cartes, en ratifiant la loi n° 6007. Cette amélioration de loi à permis d’autoriser la consommation de cannabis à des fins thérapeutiques, et créant par la même occasion, un cadre juridique pour la production et la consommation de cannabis.

Toutefois, bien que cette législation autorise la production d’articles à base de cannabis à échelle locale, elle n’autorise pas l’auto-culture.

Puis le 20 octobre 2019, le président Mario Abdo Benítez signe un décret autorisant la production contrôlée de chanvre afin de légaliser la production d’huile de CBD, en plus des autres utilisations industrielles.

Ainsi, la régularisation de la culture de cannabis à des fins thérapeutiques associée à la légalisation de production de chanvre industriel, le Paraguay deviendra bientôt un pilier mondial de la production légale de cannabis.

Conclusion

Les pays d’Amérique du Sud sont, pour la plupart, bien touchés par le trafic illégal de cannabis, qui est alors régulé par les cartels. Plusieurs pays ont alors opté pour la solution de la légalisation du cannabis, permettant de réguler l’arrivée de la marchandise et leur qualité, en les proposant dans des lieux précis (comme les pharmacies) afin que la population se tourne vers de la marchandise légale, et donc empêcher les cartels de continuer leur commerce.

Pour d’autres pays, c’est encore trop tôt pour envisager une légalisation, bien que la plupart dépénalisent la consommation de cannabis, du moins concernant leurs propres habitants. Cependant, ces pays possèdent de riches terres, avec des reliefs environnementaux variés, ce qui attire les investisseurs du marché du cannabis, et notamment le Canada.

Cela pourrait donc aider à faire accélérer la légalisation de cette plante en Amérique du Sud.

L’équipe de Kilogrammes espère que vous avez fait bon voyage auprès de notre compagnie, nous vous souhaitons un excellent week-end. On se retrouve pour notre rendez-vous culinaire lundi prochain !

Faire du lait au CBD

Faire du lait au CBD

Le lait, un des ingrédients phare que tout bon cuisinier se doit d’avoir dans son garde-manger. Le plus commun reste le lait de vache, mais

Lire la suite